Accueil - Données générales - le CRPF - Partenaires - Cartes - Environnement - Répertoire

 

Enjeux environnementaux

L’environnement forestier de Midi-Pyrénées s’entend comme la forêt, ses ressources et fonctions sans oublier les " êtres humains " qui en sont les propriétaires, ceux qui la gère, en vive ou l’utilise. Selon la définition internationale ISO 14001, l’environnement est " le milieu dans lequel un organisme fonctionne incluant l’air, l’eau, la terre, les ressources naturelles, la faune, la flore, les êtres humains et leurs interrelations ".
Les différentes fonctions de la gestion forestière durable sont à prendre en compte :
- fonction de production (ressources naturellement renouvelables, matériau bois fixateur de carbone, emplois pour les populations…),
- fonction de protection (vis-à-vis de l’eau, du sol, de l’air, des habitats, de la faune et de la flore…)
- fonction sociale (cadre de vie, loisirs, paysages…).
Au niveau européen, le souci partagé d’une gestion multifonctionnelle des forêts se décline au travers de 6 critères de gestion forestière durable définis en 1993 à Helsinki par les ministres européens en charge des forêts.


Critère 1 - Conservation et amélioration appropriée des ressources forestières et de leur contribution aux cycles mondiaux du carbone
Les bois et forêts représentent, en Midi-Pyrénées, près de 1 200 000 ha soit 26 % du territoire (moyenne française).
Cette forêt est essentiellement privée (à 82,2 % de sa surface). Elle est aussi très morcelée, appartenant à près de 350 000 propriétaires : 50 % de la surface appartient à des propriétaires de moins de 10 ha.
Globalement, les surfaces forestières de Midi-Pyrénées continuent d’augmenter régulièrement (en moyenne plus de 4500 ha par an au cours des dix dernières années). Cette évolution conforte le mouvement de fort accroissement - doublement de surface - constaté au cours des deux derniers siècles.
La diminution des espaces boisés hors forêt (bosquets, haies…) observée au cours des décennies 80/90 s’est ralentie au cours des quinze dernières années.

Les essences forestières rencontrées en Midi-Pyrénées sont dominés à 87 % en surface par les feuillus.
Les forêts de Midi-Pyrénées contribuent au stockage du carbone dans la biomasse des arbres (dont les racines) et dans les sols forestiers. On estime à plus de 120 millions de tonnes le carbone ainsi stocké, soit l’équivalent d’une dizaine d’année d’émissions de carbone d’origine humaine en Midi-Pyrénées. Ce chiffrage ne tient pas compte des bois exploités qui, après mise en œuvre - notamment dans le secteur de la construction - permettent de capter durablement une quantité supplémentaire de carbone. La forêt neutralise ainsi près de 15% des émissions régionales de carbonne. Le bois est le seul matériau naturellement renouvelable. Il permet aussi - en tant qu’énergie renouvelable - d’économiser les ressources fossiles (pétrole, gaz, charbon). Par ailleurs, sa transformation et mise en œuvre requiert à performance équivalente, une consommation énergétique bien moindre que celle de matériaux concurrents (acier, béton, PVC… ).
Le prélèvement de bois en forêt par exploitation ne concerne en moyenne et annuellement que 50 % de l’accroissement annuel du volume de bois sur pied. Cet état explique la capitalisation importante de bois sur pied, constante observée depuis plusieurs décennies. Ainsi, le volume de bois sur pied s’établit en 2003, à près de 140 millions de m3 soit une augmentation de 20% en 12 ans.


 

Critère 2 - Maintien de la santé et de la vitalité des écostystèmes forestiers.
L’état de santé des forêts est régulièrement contrôlé par le département de la santé des forêts (DSF), rattaché au ministère de l’agriculture. Il assure la surveillance permanente des problèmes entomologiques, pathologiques et abiotiques grâce à la vigilance de techniciens volontaires de l’ONF, des CRPF, des DRAF et DDAF.
L’hétérogénéité des régions et des climats de Midi-Pyrénées a pour conséquence une diversité des problèmes phytosanitaires rencontrés. Les attaques peuvent être dues à des insectes (lépidoptères, coléoptères, hyménoptères) ou à des champignons, parfois à des bactéries ou des virus. Les problèmes phytosanitaires généraux communs concernent le plus souvent les chênes, le châtaignier, les pins, les épicéas et les peupliers.

L'état des cimes des arbres forestiers est suivi depuis 1989 dans le cadre d’un réseau européen de surveillance (46 placettes en Midi-Pyrénées).
Depuis 1991, un nouveau réseau national de suivi à long terme des écosystèmes forestiers (RENECOFOR) concerne 9 stations en Midi-Pyrénées. Il vise à mesurer les dépôts acidifiants et eutrophisants d'origine atmosphérique. Dans l'attente des résultats, les modèles prévoient pour la région Midi-Pyrénées des dépôts très faibles.
Les potentialités des milieux forestiers, bien connues, permettent de favoriser des essences forestières adaptées aux divers types de stations rencontrés en forêt, première garantie préventive en terme de santé et de vitalité de l’écosystème.
Le rythme du renouvellement forestier reste faible : les coupes de régénération représentent en moyenne 4.400 ha par an.
La région Midi-Pyrénées présente un risque moyennement élevé d'incendies de forêts. Les surfaces forestières parcourues par le feu sont en moyenne de 600 ha par an (1976 à 1998), et les formations sub-forestières de 1.244 ha par an. Les effectifs de chevreuils et cerfs sont en augmentation importante et constante en Midi-Pyrénées depuis 1980. L’équilibre sylvocynégétique reste un objectif à atteindre qui doit permettre d’assurer le renouvellement forestier dans des conditions économiques satisfaisantes.
Signe de bon état de santé, d’adaptation des essences et du maintien des équilibres naturels, le recours aux traitements phytosanitaires reste limité en forêt. Les surfaces traitées contre la chenille processionnaire du pin sont stables (300 à 500 ha) depuis les dix dernières années.

Page suivante